LETTRE AUX AGADESSIENS
N°18 - Juillet 2000

1. Editorial Bonne route Bernard avec un grand MERCI.
2. Exposé sur le Niger par le Pére Jean Malavaud.
3. Voyage à l'est du Congo. Bukavu-Bunia-Mahagi par le Père Yves Masquelier.

N°19 Janvier 2001

BONNE ROUTE BERNARD AVEC UN GRAND MERCI



Agadès se rappelle à vous en plein été. Cette lettre n'avait pu être confectionnée pour notre dernière rencontre du 30 juin. Une rencontre festive autour d'un repas, mais qui avait un goût un peu particulier, car elle marquait la dernière apparition du Père Bernard Lefèvre au 26 de la rue Gay Lussac. A l'occasion de la réunion autour du Niger, le 12 mai dernier, Bernard nous apprenait qu'après un séjour d'un mois en Algérie, il avait, suite à un long discernement, décidé de reprendre sa mission dans ce pays. Rappelons que celle-ci avait été interrompue suite à l'attentat dont avait été victime, en janvier 1995, Bernard et un des ses collègues, à Ghardaïa dans le sud algérien.
C'est en 1974 que Bernard a foulé pour la première fois la terre algérienne. Il est revenu ensuite en France, fin l 987, pour s'occuper notamment de la Délégation Catholique pour la Coopération (D.C.C.). Proche des jeunes, Bernard s'était rendu rue Gay Lussac où, avec le Père Bernard Ploton, alors accompagnateur de notre groupe, nous l'avions accueilli. Après le départ de ce dernier pour le Niger en 1989, Bernard entamera un long et heureux bail avec Agadès jusqu'en 1992, puis à nouveau depuis 1995. Le 3 l août prochain, Bernard rejoindra à Alger la basilique Notre Darne d'Afrique. Une paroisse sans chrétiens ou presque, mais fréquentée par des milliers d'algériens profondément attachés à ce lieu, et qui avait besoin d'une relève: l'un des deux Pères Blancs en charge de la basilique a plus de 80 ans! Un spécialiste du monde musulman comme Bernard sera précieux pour poursuivre un dialogue islamo-chrétien parfois difficile, mais qui, dans la nouvelle Algérie qui émerge, apparaît essentiel. Ses voisins ne manqueront pas de le soutenir dans sa mission. Bernard résidera en effet à quelques mètres du nonce apostolique, d'une communauté de sœurs franciscaines et de la nouvelle communauté des moines de Tibhérine, en attente de retrouver leur monastère martyr.
Agadès n'est pas pour autant abandonné. Le Père Georges Riffault a été nommé par la province de France des Pères Blancs pour accompagner notre groupe. Georges était jusqu'à présent attaché à la maison de retraite des Missionnaires d'Afrique de Bry sur Marne et chargé de l'animation du Réseau Foi et Justice des Instituts missionnaires. Ayant collaboré dans ce réseau avec son prédécesseur, le Père Daniel Melliez, j`ai eu l`occasion de rencontrer et d'apprécier Georges. Je suis persuadé qu`il en sera bientôt de même pour l'ensemble d'Agadès.
Avant de clore ces quelques lignes, on ne peut pas ne pas évoquer le grand moment de bonheur que nombre d'entre nous avons partagé à l'occasion du mariage d'Emmanuelle et d'Olivier. Agadès était à l'honneur: alors que Christine dirigeait la chorale, Bernard présidait la cérémonie où son homélie fut très remarquée. L'ambiance fut particulièrement chaleureuse; on n'oubliera pas de sitôt le radieux sourire de la mariée. Nos vœux de bonheur accompagnent également nos amis Raphaëlle et Thierry dont le mariage est célébré le 29 juillet.


Au sommaire de cette lecture de vacances, nous proposons, à la demande de certains, de livrer l'intégralité de l'intervention très appréciée du Père Malavaud sur le Niger et de revenir sur notre dernière rencontre du 16 juin sur le S.l.D.A. en Afrique, un sujet en pleine actualité avec la conférence internationale sur le S.l.D.A. tenue en Afrique du Sud la deuxième semaine de juillet. On parcourra également avec intérêt les impressions de notre ami le Père Yves Masquelier, assistant provincial des P. B., de retour d'une série de retraites prêchées au Congo (ex- Zaire) et de celle de notre ancienne complice de la rue Gay l.ussac, Danuta, désormais en Algérie. Enfin, à l'intention de celles et de ceux qui n'ont pu lire l'excellent article de Philippe consacré à Agadès, dans un des denier numéro de <( Voix d'Afrique ", nous le reproduisons avec plaisir. Bon été. François Geoffroy


L' EXPOSE SUR LE NIGER PAR LE PERE MALAVAUD

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Mon but, par ce bref exposé, est de faire tomber un certain nombre d'idées reçues afin de mieux comprendre quelques réalités de la Mission.
L'immensité des territoires
" Si vous êtes en Afrique, vous devez connaître mon oncle qui est prêtre au Zaïre " m'a-t-on dit. L'Afrique est un immense continent. Sa superficie est pratiquement exactement de trois fois celle de l'Europe géographique (de l'atlantique à l'Oural). Autrement dit, il y a trois fois plus de kilomètres entre l'Afrique du Sud et le Maroc qu'entre Lisbonne et Moscou. Donc, en étant au Niger, j'aurais du mal à connaître un prêtre qui est au Zaire, c'est-à-dire à plus de cinq mille kilomètres de moi, sauf si je l'ai connu en France auparavant !
A cause de cette immensité des territoires, on a l'habitude, en Afrique, de parler de " sous-régions ". Ainsi, le Niger appartient-il à la sous-région Afrique de l'Ouest. Les relations entre pays d'une même sous-région sont facilitées: tous les habitants de l'Afrique de l'Ouest ont une carte d'identité sous-régionale qui leur permet de passer les frontières sans aucun visa. La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) a institué bien avant l'Europe la libre circulation des marchandises et des personnes. La CEDEAO est très active pour résoudre les possibles conflits régionaux et envisager des positions communes dans des questions mondiales.
Le Niger est aussi un pays immense. Il fait deux fois et demie la France en superficie. La plus grande partie du territoire est désertique. Les trois-quarts de la superficie appartiennent au désert du Sahara. Le quart restant, en bande horizontale sud du pays, fait partie de la zone sahélienne, très aride, mais avec une petite végétation et quelques points d'eau.
Paradoxalement, le pays tient son nom de celui d'un grand fleuve. Ie Niger qui charrie beaucoup d`eau, mais sans irriguer les rives à plus d'une centaine de mètres. De plus le Niger ne traverse qu'un coin du pays pour un parcours de 200 km Navigable, il permet le commerce avec les pays en amont et en aval.

La disparité des peuples
Quand nous apprenons qu'il y a différentes ethnies dans le pays, nous pensons immédiatement que chaque ethnie a son territoire, parce que nous pensons à nos réalités françaises: bretons, basques, normands, provençaux... Les ethnies du Niger (ce qui n'est pas nécessairement vrai ailleurs en Afrique, notamment au Nigeria) vivent sur le même territoire. (`chacune est spécial,isée dans sa forme économique, chacune a ses règles, chacune a sa chefferie, chacune a ses particularités même anatomiques.. ma~s les gens vivent à côté les uns des autres. Il n 'est pas rare de voir différentes ethnies dans un même village. On les reconnaît de loin à la forme et au matériau des cases qui différent.
Les relations entre les ethnies sont traditionnellement au niveau des échanges commerciaux et des accords de protection contre les éventuels envahisseurs. Mais chaque personne n'obéit qu'au chef de son ethnie7 aux coutumes de son ethnie. L'administration centrale, mise en place à la suite de la colonisation, fait que les citoyens sont soumis a des agents de l'Etat qui ne sont pas de leur ethnie. Les systèmes démocratiques imposés par la communauté internationale ne respectent pas les chefferies traditionnelles. Ceci crée des crises graves de conflits d ' autorité.
La diversité des coutumes fait qu'on ne peut pas facilement énoncer des règles communes. Les lois sur le mariage, les héritages, I'esclavage, mais aussi les protocoles de prises de décision ne peuvent pas avoir de dimension nationale, mais ne peuvent pas ,non plus obéir à un découpage territorial .
Il serait beaucoup plus facile d'avoir un maire par ethnie, un préfet par ethnie... Mais ces critères raciaux sont contraires aux usages crées autour des Droits de l'Homme. La mise en place de frontières territoriales plutôt qu'ethniques est une des sources de conflits en Afrique de l'Ouest.

Une pauvreté trop discrète
Le Niger n'a aucune ressource. Le peu de choses qu'on trouve sur le territoire est en quantité négligeable. A une époque, la France a acheté cher l'uranium du nord du pays à cause de ses liens privilégiés avec le Niger et des besoins en uranium pour l'énergie atomique. Aujourd'hui. I`énergie atomique sait renchérir l'uranium et n'en utilise que de beaucoup plus faibles quantités, et le partenariat purement commercial nouvellement institue entre la France et ses anciennes colonies fait que la France achète son uranium là où il est moins cher: en Australie !
Sans ressources minières, sans végétations, le Nigel souffre en silence sous un soleil de plomb, à plus de 50°c à certaines époques de l'année. Le désert progresse, non pas tant à cause de l'action de l`homme comme on peut souvent le lire, mais à cause d'un phénomène climatique ancien. Il faut se rappeler que le Sahara qui était une forêt, est devenu un marécage, puis une savane avant d'être un désert. Le lac Tchad qui était alimenté par des nappes souterraines il y a encore cinquante ans, et formait une véritable mer intérieure, est aujourd'hui pratiquement à sec
Les puits creusés par la population n'ont qu'une durée de vie limitée car les nappes d'eau souterraines n'empruntent pas les mêmes trajets chaque année. Dans le sable, le lit sous-terrain est creusé à chaque saison par les pluies car il n'y a pas de reliefs pour creuser d'itinéraires permanents. Les puits ne sont pas facile à renouveler. Tout le monde a fait l'expérience de creuser le sable sur les plages. L'effondrement des parois exige un matériel de soutien énorme qu'il faudrait apporter par camions dans des zones sans routes à des distances gigantesques.
Au Niger, la dispersion des populations sur le territoire fait que les images de personnes affamées ne sont pas médiatiques. Seules les années de sécheresse dramatique entre 1970 et 1980 avaient attiré l'attention du monde. Le vent amène la méningite en janvier-février et décime les populations (trente personnes en cette année 2000 au Niger), mais l'Occident ne se préoccupe que du SIDA qui n'a pas fait deux mille morts au Niger cette année. Et pourtant le vaccin contre la méningite existe, mais il est en nombre insuffisant et beaucoup trop cher ! Actuellement, les enfants peuvent mourir au soleil les uns après les autres, il n'y a personne pour s'en émouvoir.

L'agression permanente de l'Occident
Très fière de ses techniques, la société européenne diffuse par TV5 chaque soir le journal télévisé de la deuxième chaîne française. Ainsi, les nigériens qui n'ont pas de travail entendent-ils chaque jour que nous nous battons pour ne travailler que trente-cinq heures. Eux qui meurent de faim nous voient déverser nos tomates et nos fraises devant les préfectures Eux qui ont six à neuf mois d'arriérés de salaires impayés entendent que les chômeurs en France ont un revenu minimal et réclament une prime de Noël de 1500 francs, soit environ quatre mois de salaire d`un employé au Niger.
Très fière encore de sa technique, la France organise chaque année un rallye qui traverse le Niger. Comment demander de retourner travailler au champ à son fils qui vient de voir passer la caravane des journalistes, mécaniciens et autres assistants? Comment ne pas vouloir les lunettes de soleil, les tee-shirts, et autres accessoires attirants quand on n'a rien ? Et comment ne pas penser sans même le dire: " un jour j'irai en France coûte que coûte "?
La société européenne fait tout pour attirer ceux à qui elle s'efforcera de refuser des visas de séjour ensuite.

Une difficile réalité pour l'Eglise.
L'Eglise catholique est arrivée au Niger de façon très récente. Les premiers militaires français ont pénétré le territoire à la fin du XIX° siècle, et les premiers missionnaires ont pu venir vers 1930. L'Eglise n'a pu prendre forme qu'après la deuxième guerre mondiale.
Arrivés sur un territoire islamisé depuis plus de sept cents ans, les missionnaires n'ont pas pu faire une conversion massive des populations comme ils l'ont pratiquée plus au sud. La Mission a donc dû trouver une autre forme de présence, respectueuse des religions existantes (islam et religions traditionnelles) pour pouvoir être tolérée. Après cinquante ans de présence, I'Eglise catholique représente 0,005% de la population du pays.
Lorsque les missionnaires sont arrivés, ils avaient charge d'abord des chrétiens amenés par la colonisation: les militaires européens, les fonctionnaires européens et africains étrangers au Niger, les entrepreneurs européens. Si bien que rapidement l'Eglise catholique s'est identifiée à la religion des étrangers face à l'islam qui devenait la religion du pays. En même temps, le christianisme était lié à la langue française et à la richesse de ceux qui avaient un salaire assuré par la France, alors que l'islam était lié à la langue arabe et aux langues locales, mais aussi à la grande masse des peuples sans ressources.
L'Eglise a donc du mal à se dégager de ce piège de son histoire. Ies petites sœurs de Charles de Foucault qui vivent dans une très grande pauvreté auprès des populations nomades dans les mêmes conditions que leurs voisins de caravane, ne se sont-elles pas entendues reprocher: " mais vous, quand vous serez vieilles ou malades, il y aura une place pour vous dans un hôpital de France "?

Par ailleurs, les sectes chrétiennes d'origine américaine se développent partout en Afrique de l`Ouest, avec de grands moyens financiers. Elles utilisent les mêmes armes que les intégristes musulmans: un peu d'argent distribué à la sortie de prière. Les intégristes musulmans s'attaquent aux musulmans modérés et les sectes aux chrétiens. Beaucoup de catholiques quittent l'Eglise pour trouver un peu d'argent, mais aussi se laissent piéger par les attraits classiques de ces sectes.

Des signes d'espérance.
Malgré toutes ces difficultés, I'Eglise du Niger est dynamique. Elle apprend les langues locales pour chanter Dieu, et les nigériens apprécient de prier dans leur langue maternelle plutôt qu'en arabe. Par ses écoles~ ses dispensaires, ses bibliothèques et centres culturels, I'Eglise rend des services appréciés qui lui donnent une parole et une autorité dans un pays laïc et très musulman à la fois. Les paroisses, bien que petites, sont de plus en plus nombreuses. Les chrétiens n'hésitent pas à s'engager dans toutes sortes d'actions politiques, de quartier... Les jeunes qui se proposent pour la vie religieuse ou sacerdotale sont une quarantaine actuellement. Pour cinq mille catholiques dans le pays c'est énorme. Le Vatican vient de nommer deux nouveaux évêques au Niger. Ainsi ce pays deux fois et demie plus grand que la France aura d'ici peu deux évêchés au lieu d'un. Et pour ces J M.J. 2000 à Rome, une vingtaine de nigériens pourront participer dont seulement trois sont financés par la Conférence épiscopale française. On mesure ainsi les efforts de la communauté chrétienne locale.

VOYAGE A L'EST DU CONGO
Bukavu-Bunia-Mahagi
YVES MASQUELIER

Voici bien longtemps que je ne vous ai pas rencontrés. Il est loin le jour où je vous avais parlé de mon expérience de vie au Ghana. Merci donc à François qui me donne l'occasion de vous communiquer ce que j'ai vécu à l'est du Congo (ex-Zaïre) durant 6 semaines au début de l'an 2000.
J'ai reçu en Septembre 1999 une invitation pour animer trois retraites: 2 aux confrères à Bukavu et Bunia et une autre au clergé du diocèse de Mahagi dans le nord du Congo à la frontière de l'Uganda.
1° surprise: on me donne les consignes suivantes: Tu n'as pas besoin de prendre un visa pour le Congo puisque Bukavu est occupé par le Rwanda et Bunia par l'Uganda . Tu passes par Kigali (Rwanda) et tu retournes par Entebbe (Uganda)
2° surprise: A mon arrivée à Kigali, je découvre un pays en pleine reconstruction: entretien des routes, construction de nouveaux villages.. Bien sûr les confrères me parlent du procès de Mgr Misago qui dure depuis presque un an et qui devrait se terminer par un jugement à la mi-juin . Quel sera le verdict alors que la peine de mort a été demandée ?
3° surprise: après un voyage en voiture à travers le Rwanda nous arrivons à la frontière du Congo et nous entrons dans un pays en complète déstructuration: les richesses du pays ( minerais: or diamant, autres métaux ) sont exportés par hélicoptères vers le Rwanda. Plus de route, plus d'administration . Ainsi le seul téléphone qui existe est par satellite, pas de poste ( bonne excuse pour vous dire que je n'ai pas vu vous envoyer un mot ...), les routes .. nous avons mis 7 heures pour parcourir les 170 kms qui séparent Bunia de Mahagi . Quand au premier voyage Bukavu - Bunia le seul moyen de transport est l'avion.

Thème de ma retraite:
j'avais choisi un thème qui me tient à cœur depuis plusieurs années et que je n'avais jamais eu le temps d'approfondir, à savoir: "Faiblesse et annonce du Règne de Dieu à un monde en souffrance " . Cette faiblesse c'est celle de vous et moi mais aussi c'est la situation de l'Eglise souvent critiquée, n'est-ce pas finalement celle du Christ lui-même qui a échoué dans sa mission humaine et qui a triomphé à travers la faiblesse de la croix. Je suis en fait frappé que dans beaucoup de pays d'Afrique et d'ailleurs nous avons cru à l'annonce du Règne de Dieu par des constructions d'églises, des organisations. Mais les événements: conflits, oppression ... ont fait germer la nécessité d'une église plus proche des pauvres et dans la ligne des priorités actuelles de notre société des missionnaires d' Afrique:
La rencontre des autres différents dans leur culture et leur religion.
La lutte pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création .
Le témoignage du règne de Dieu par notre vie communautaire.

Ma parole annoncée durant les conférences de retraite correspondait donc à ce que je voyais . A Bukavu, j'ai eu l'occasion de rencontrer l'archevêque, Mgr Kataliko qui a dénoncé les injustices de l'occupation du pays par des troupes étrangères dans sa lettre de Noël 1999. Il m'a dit combien il travaillait en étroite collaboration avec les prêtres, religieuses et laïcs pour proclamer par des moyens pauvres le royaume de Dieu au peuple congolais qui souffre terriblement de la situation de guerre. C'est à peine un mois plus tard qu'il était arrêté et placé en résidence surveillée.

Au plan économique,
ce pays merveilleux de forêts, de rivières et de montagnes au climat tempéré par l'altitude possède tous les atouts pour sortir de la pauvreté . Il possède un sous-sol riche de minerais divers et pourtant il est confronté avec la misère, suite à la gestion catastrophique de Mobutu et depuis plusieurs années la guerre où les pays voisins, soutenus par des pays occidentaux s'arrachent les richesses du pays . Comme le titrait le journal " La Croix " dans son numéro du mercredi 23 février 2000: "le Zaire n 'est plus qu 'un magot qu'on s 'arrache " "Des prédateurs " se partagent le gâteau: chefs d'état africains, hommes d'affaire africains mais aussi européens et américains se sont approprié sans état d'âme les richesses de l'ex-Zaïre, ce cœur si riche de 1' Afrique "
De fait, tous les jours, durant la première retraite que j'animais à Bukavu, j'ai vu l'hélicoptère rwandais qui revenait des mines du Congo emmenant or, diamant et autres minerais .

Présence des missionnaires d' Afrique
Bien sûr le nombre a diminué et dans le diocèse de Kasongo, les pillages des maisons a obligé tous les pères à fuir . La grande majorité des pères que j'ai rencontrés au cours de mon voyage m'ont relaté une expérience traumatisante: arrestation - vol à main armé - témoin de tueries ... mais tous sont décidés à demeurer dans ce pays car ils aiment les gens et ils désirent ne pas les abandonner en ce moment de guerre et de tensions. Le responsable des pères blancs m'a dit qu'il pensait ouvrir à nouveau les postes de ce diocèse de Kasongo et il est allé en Europe pour rencontrer les pères: 8 d'entre eux sont volontaires pour repartir en Juillet et septembre prochain . La mission est différente mais elle continue. Elle devient mission dans la faiblesse et dans une plus grande proximité des gens.
Ceux-ci souffrent beaucoup, I'Eglise est menacée mais elle n'a jamais été autant l'Eglise du Christ . Je suis passé par des routes où tous les villages étaient détruits, j'ai entendu parler de tueries dans les régions proches mais j'ai vu des gens qui gardent l'espérance et se retrouvent pour prier, vivre la solidarité, lutter ensemble ..
Merci à tous les Congolais qui m'ont montré un chemin d'amour .

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