FRÈRE-CONTACT

Frère Franz FÖLMLI
Père Blanc, originaire de Grosswangen et Emmenbrücke (LU), après avoir oeuvré 32 ans à KAYES (MALI), il est rentré au pays et travaille à Lucerne

Tu sais quoi ? 32 ans, dans un coin très chaud et archisec, bordé de pays en perpétuelle effervescence, et au milieu d'une population en grande majorité musulmane, ce n'est pas du gâteau ! comme disent les jeunes d'aujourd'hui…C'est même très éprouvant pour la santé ! D'autant plus que la nourriture n'est pas surabondante et encore moins variée… Et cependant, c'est un coin fantastique, où il fait bon vivre quand on en connaît les gens et qu'on en partage la vie.
En arrivant là-bas, on m'a confié de multiples tâches matérielles, allant de la construction aux réparations mécaniques. Cela m'a donné une excellente opportunité d'apprendre la langue du pays, de saisir quelques subtilités de son mode de vie et d'entrer en amitié de confiance avec des groupes d'adolescents à la recherche de dialogue.
C'est alors que mon évêque m'a dit :
- Frère, je vois que vous avez la communication facile avec les jeunes. Alors je vous nomme aumônier diocésain pour la jeunesse des lycées, pour les jeunes travailleurs et pour toutes les relations culturelles entre les chrétiens et les musulmans. Surtout, pas de pression inopportune, mais ne perdez pas le contact !


Homme de contact et expert en catéchèse, le frère Fölmli privilégie le dialogue de rencontres improvisées d'où peuvent jaillir des échanges fructueux et une démarche de foi.

Tu vois quoi ? Ce fut là un drôle de cadeau, pas facile du tout à porter !.. Et me voilà en train de naviguer entre Bible et Coran, tout doucement, sans rien forcer, de témoignages en témoignages, de réunions et conversations, d'interrogations en certitudes, de sourires timides en grandes tapes dans le dos…Au total, plus de 30 ans d'échange et d'amitié ! Cela peut paraître peu. Mais c'est énorme : on se parle, on s'estime, on s'entraide, on partage la vie quotidienne. Cela vaut mieux que la guerre et la haine…Alors on est ensemble plus près de Dieu !
Après un temps de maladie qui me condamnait à l'Europe, je suis retourné là-bas… pour voir ! Je me suis réjoui à la vue des progrès du développement. Formidable !
Mais le coup de cœur que j'ai surtout ressenti, c'est l'expansion de l'Église. Non pas en nombre de chrétiens ! Mais en assurance dans la foi, en hardiesse dans les projets, en cohésion paroissiale, en recherche de meilleurs contacts avec les non-chrétiens. J'ai vu nos écoles pleines, nos églises bondées, j'ai vu les prêtres diocésains annoncer l'évangile avec autorité et grande clarté. Tout ce dont j'avais rêvé, quelques décennies auparavant, tout ce pourquoi j'avais donné mon temps, mon savoir et ma foi, tout cela allait de l'avant, s'amplifiait, devenait plus cohérent.
Comme la douce brise de l'Esprit, sans faire de bruit, la grâce du Seigneur passe sur ce pays que j'ai tant aimé. Merci, mon Dieu, de me l'avoir montré après y avoir tant travaillé.


RETRAITE SUR TRAMPOLINE !

TEMOIGNAGE
Le Père Jean-Marie GABIOUD a vécu plus de 40 ans en Afrique dans la tâche délicate de la formation du clergé. Il est actuellement à Rome bibliothécaire dans la maison généralice.

Quarante ans d'Afrique ! Activités en tous genres en paroisse, avec dix années au service de la formation pratique des jeunes missionnaires africains, tout cela dans un pays qui n'arrive pas à se sortir d'une guerre fratricide autant que meurtrière ! Certains m'ont dit : " Ça suffit comme ça ! Ramasse ta Bible et tes baskets, et reviens définitivement en Suisse ! "
Eh bien non !…Remarquez : J'aurais pu…Mais je venais tout juste de toucher mes 70 ans, alors il me restait du temps ! C'est exactement ce qu'ont pensé mes supérieurs ! Et hop ! Me voici qui rebondis dans les airs, comme sur un trampoline, et je suis retombé à Rome, à la Maison Généralice des Pères Blancs au milieu des dossiers poussiéreux et des parchemins enfumés, comme rat de bibliothèque et guide aux archives…Vous pensez : " C'est un enterrement de 1ère classe ! "


La vie du Père Gabioud s'est passée trop souvent la tête
dans les livres! Maintenant l'ordinateur lui donne un sérieux coup de main dans sa tâche

Eh bien non ! encore une fois !…Vous savez, les archives, ça peut être très vivants. C'est une mémoire qui n'en finit pas de se réveiller ! Et puis, il y a de par le monde entier, des gens extrêmement curieux et attentifs, qui veulent tout savoir sur le passé, dans le but d'honorer une personnalité oubliée, de rétablir une vérité profanée ou d'éviter de nouvelles erreurs dans l'avenir…Exemple ?
L'esclavage ! Chacun sait que cela existe encore de nos jours, mais qui se souvient encore du rôle primordial joué par le fondateur des Pères Blancs au XIXème siècle dans son abolition ?
Le Père Untel dont la paroisse d'origine garde précieusement la tombe depuis des décennies. Etait-il vraiment un saint, comme le souvenir des anciens le disent ?…
La catéchèse, dans l'évangélisation de l'Afrique au début du XXème siècle, était-elle trop traditionaliste ou efficace et ouvert sur l'avenir ?…etc…etc.
Inutile ! me lancerez-vous à la figure ! Merci bien !¨…Seulement voilà : Ceux qui viennent nous consulter, sont, pour la plupart, des jeunes, étudiants ou non. Venant de tous les pays du monde. Du Canada à Paris, d'Espagne au Congo !…Tiens, j'y trouve de mes anciens élèves !
Ce qu'ils veulent, ce qu'ils cherchent, ce sont les chemins de l'inculturation, la force des médias, l'impact du christianisme sur les coutumes ancestrales. Ils veulent savoir, non pour critiquer, mais pour mieux bâtir l'avenir de leurs pays.
Et moi, je les guide, je les informe, je leur montre des choses qu'ils ne soupçonnaient pas, je marche avec eux vers de nouvelles découvertes.
Moi je ne trouve pas ça inutile, mais passionnant, réconfortant, et dans cette tâche, je me sens toujours un missionnaire très actif.
Alors, vive le trampoline !

NOUVEAUX HORIZONS
TEMOIGNAGE:

Le Père Jean-Pierre ROTH,
Père Blanc de Vevey (Vaud). C'est en Ethiopie qu'il fut envoyé sur le tard pour exercer son apostolat auprès de ceux qui ont été victimes des guerres rampantes.
À Adigrat, Tigray. Éthiopie

Certains pays ont leur réputation vite établie. Ainsi, quand je parle en Éthiopie de la Suisse, la première réaction est : "ah oui, le pays des banques, des montagnes, des vaches et du bon lait…" C'est un peu court, même si ça fait partie du tableau ! Avant de quitter la Suisse, l'image que j'avais de l'Éthiopie était : un pays où l'on meurt de faim et où il ne pleut pas. Ici encore, c'est un peu court, même si, malheureusement, ce n'est pas tout faux,!
Ce qui m'a surpris en arrivant, c'est le nombre d'enfants dans la rue et leur gentillesse. Pour être sincère, je ressentais une certaine appréhension à retourner en Afrique après une longue absence, et, en plus, dans un pays méconnu. La spontanéité et l'intérêt des enfants envers l'étranger m'ont tout d'abord étonné et… rassuré ! Quand je vais à la poste, je passe souvent plus de temps à parler et à jouer avec eux qu'il m'en faut pour parcourir à pas de vaudois, le kilomètre qui m'y amène !


Que fait ici cette fillette? C'est une des professeurs du Père Roth en langue tigrinia. Pour elle c'est un instant de paix et l'occacion de remplir un peu son estomac.

L'accueil des adultes est différent, plus réservé. L'histoire du pays y est pour quelque chose. Beaucoup sont des " survivants ", qui ont passé par des moments cruciaux ces dernières années. Les changements de régime, la guerre avec l'Érythrée, l'accès impossible à la Mer Rouge, tout cela ne favorise pas le développement du pays. " Survivants ", ils le sont encore, dans une région comme le Tigray où neuf mois de sécheresse par année font de l'autonomie alimentaire un véritable défi.
Je suis dans une communauté dont le premier objectif est la préparation de missionnaires pour l'Afrique. A première vue, cela peut surprendre. Pourquoi préparer et envoyer des jeunes hors de l'Éthiopie, alors qu'il y a tant de carences sur place ? N'est-ce pas favoriser un mouvement d'exode dont souffre déjà le pays ? N'est-ce pas vouloir se " consoler " du manque de nouvelles vocations missionnaires en Europe ? Autant de questions justes qui se discutent.


Père Roth, entouré de ses nouveaux amis.

Pour ma part, je crois qu'aucun jeune ne devrait être empêché de vivre cette vocation sous prétexte qu'il vient d'un pays pauvre. Cette préparation de missionnaires pour l'Afrique dure quatre ans. Ce n'est pas trop pour une formation lucide et réaliste.
La guerre entre les deux frères ennemis, Éthiopie et Érythrée, a fait des milliers de victimes. Selon l'ONU, il y aurait 30.000 réfugiés en ville d'Adigrat et trois cents enfants qui dorment dans les rues. Depuis avril, nous sommes en contact avec une centaine d'entre eux et nous en accueillons une trentaine dans une maison du Diocèse. L'objectif est de les aider à suivre une scolarité normale, et ainsi, à s'intégrer positivement dans la société. Malheureusement, le projet reste limité en raison des moyens disponibles.


Jusqu'où va l'influence des médias en Afrique?

Après seulement six mois de présence ici, la réalité éthiopienne m'échappe encore beaucoup, à commencer par la langue locale, le tigrinia ! Il est vrai qu'à plus de cinquante ans, je me retrouve à l'école primaire puisque j'ai dû apprendre l'alphabet. Il a plus de deux cents signes ! Heureusement, j'ai trouvé de bons professeurs parmi les enfants dont j'ai parlé plus haut. Ils sont souvent étonnés de voir que les progrès sont lents. Et moi donc… ! Mais si la mémoire me joue des tours, le cœur y est tout de même !
Cordialement vôtre !

NOS PROJETS pour "2004"


601.- La formation des jeunes Pères Blancs.
On parle sans cesse du nombre de prêtres qui diminue…C'est vrai ! Mais pourquoi ne parle-t-on pas de ces jeunes qui viennent de tous les pays d'Amérique, d'Europe, d'Asie et surtout d'Afrique et qui veulent continuer l'œuvre commencée par leurs aînés et la fortifier ? Ils sont plus nombreux que l'on ne pense ordinairement, et comme ils arrivent de pays généralement pauvres, ils doivent être aider dans leurs études et leur formation. Grâce à votre générosité, ils pourront, dans de très proches années, donner à l'Afrique, un esprit chrétien et missionnaire.

602.-L'école des catéchistes au Diocèse de Masaka. Uganda.
Ces catéchistes, je les ai rencontrés tantôt à pied, tantôt à bicyclette ou sous un arbre, assis au milieu d'enfants et d'adultes, enseignant la Bonne Parole de Jésus-Christ. Ce sont des apôtres zélés, joyeux et dévoués dans leur apostolat. La Sœur Blanche, Denise Augsburger, a beaucoup travaillé dans le Centre qui les formait, et elle sait combien il est ardu de loger et nourrir chaque année le flot de candidats nécessaires à la continuation du travail d'apostolat. Les paroisses locales qui devraient donner leur appui, ont énormément de peine à trouver l'argent indispensable. Sœur Denise compte sur l'aide des lecteurs de " Présence ".

603.- Une bibliothèque pour les étudiants de Ourgla (Sahara)
Ouargla est une grande ville oasis de 150'000 habitants, au milieu du Sahara. Elle a une université de 10'000 étudiants. Les missionnaires sont en contact avec nombre d'entre eux, au travers d'une bibliothèque de documentation sur le Sahara et de cours de langues françaises et anglaises. C'est pour eux la possibilité d'un échange humain qui sous-entend cette rencontre islamo-chrétienne, si précieuse aujourd'hui pour le rapprochement des cœurs et des esprits.
Le Diocèse de Laghouat et les Pères Blancs voudraient remodeler les bâtiments actuels, en sacrifiant leur propre maison, pour rendre les lieux plus fonctionnels avec salles de lecture et salles de cours. En vous laissant deviner combien les ressources locales sont maigres et sans guère d'espoir, ils voudraient que la générosité de notre pays puisse les aider.

604.- Diocèse de Kayes au Mali. Collectivités locales et développement.
La pénétration de la foi dans la vie des chrétiens, doit être accompagnée d'un développement capable de donner à chacun une perspective de vie meilleure. Les meneurs de communautés locales sont les catéchistes. C'est par une formation continue de ceux-ci, que les progrès sociaux se feront, et c'est par ces progrès que la foi sera plus crédible pour tous. Une telle formation exige cependant un encadrement fort . Dans un pays aux ressources limitées comme le Mali, l'aide des églises de Suisse est une nécessité. Les Pères Blancs travaillant à Kayes vous remercie de votre compréhension.

605.- Enfants des rues en Éthiopie.
Le Père J.-P. Roth nous a parlé des enfants qui traînent dans des rues d'Adigrat en Éthiopie sans qu'on puisse assez les encadrer et leur donner un espoir de vie meilleure. Avec ses confrères, il essayent de leur venir en aide en leur apprenant les gestes essentielles de l'existence humaine. Ils ont besoin de votre secours pour élargir leurs capacités d'accueil et leur possibilités de formation. Ne les oubliez pas !

606.- Pour rassurer les bienfaiteurs de l'Afrique.
" Est-ce que l'argent que nous donnons pour les projets en Afrique est vraiment bien utilisé ? " C'est la question que posent de plus en plus fréquemment nos amis. Et il est vrai que, parfois, les réponses ne sont pas simples. Plusieurs groupements de donateurs ont décidé d'envoyer sur place, un conseiller capable de juger l'essor des projets subventionnés et de les contrôler. Ils ont choisi pour cette tâche, le Fr.
Karl Kälin, qui a déjà une grande et longue expérience dans le monde entier, surtout pour les travaux d'imprimerie et de finance. Cependant ces associations ne voudraient pas employer l'argent reçu pour des projets, afin de financer les déplacements de ce conseiller. Un scrupule qui les honorent. Mais le Fr. Kälin est un religieux Père Blanc. En Afrique, il est chez lui. Il connaît les astuces pour voyager à moindres frais et pour être logé dans les communautés religieuses, donc au coût minimum ! Reste cependant pas mal de dépenses à régler. Pour la sauvegarde de vos dons, aidez-le accomplir la tâche qui lui est assignée.


Le Frère Karl fait l'évaluation d'une école de mécanique.
C'est l'utilisation de vos dons qu'il contrôle au plus près.

Votre regard sur nos projets 2003

Voilà le montant des dons que vous nous avez confié au cours de l'an 2003 pour nos projets :
Projet 501 : Centre pour les aveugles près de Nairobi Sœur Bernadette. Fr. 6'830.-
Projet 502 : Traduction de livres religieux en Uganda. Père R. Brossard .Fr. 4'145.-
Projet 503 : Grand Séminaire Nyegezi en Tanzanie. ...............................Fr. 2'040.-
Projet 504 : Formation continue des Pères Blancs et de leurs candidats ..Fr. 4'540.-
Projet 505 : Enfants de la rue à Nairobi, Dar-es-Salaam et Lusaka ........Fr. 7'580.-
Projet 506 : Bébés en détresse au Burkina-Faso ....................................Fr. 3'610.-

Tous vous remercient de votre générosité, avec l'espérance qu'elle ne se tarira pas.