Missionnaires d'Afrique

Lettre à un aspirant par Mgr Léon Livinhac (+)

Lettre à un aspirant écrite en 1921 par Mgr Léon Livinhac. Lettre tirée de NOTICE, Maison-Carrée (Alger), imprimée en 1921 à l‘imprimerie des Missionnaires d’Afrique. Nous y retrouvons l’origine de la Société racontée par Lavigerie en 1878.

Lettre à un aspirant
Vous me demandez des renseignements sur notre Société, sur son origine, ses œuvres, ses règles, sur les difficultés et les espérances de l’apostolat africain. Ces questions, on les posait déjà à notre vénéré Fondateur. Pour y répondre je n’aurai donc qu’à reproduire, en les mettant à jour et en les complétant par quelques remarques personnelles, les explications données par lui, en 1878, dans sa Lettre à un Séminariste de France. Je prie le Maître des apôtres de vous éclairer et je me dis, avec les sentiments les plus paternels, tout à vous de cœur en Notre-Seigneur.

+ LEON LIVINHAC
Sup. Gén. de la Société des Miss. d’Afrique (Pères Blancs)

1. - Origine de la Société
MGR LEON LIVINHACVoici d’abord en quels termes, s’effaçant lui-même le plus possible, le Cardinal Lavigerie aimait raconter l’origine de notre Société (Annales de la Propagation de la Foi, T. LIII, p. 104). « Elle est née pour ainsi dire d’elle-même, comme toutes les œuvres qui viennent de Dieu. Jusqu’à l’époque de mon arrivée en Algérie, en 1867, les autorités locales avaient empêché la prédication de l’Évangile aux indigènes. Or, cette même année, deux fléaux terribles, la famine et la peste, vinrent subitement changer cet état de choses. En frappant des milliers de victimes, ils laissèrent après eux d’innombrables orphelins. Le clergé catholique les recueillit, leur servit de père et, au spectacle de tant de charité, les yeux de ces enfants commencèrent à s’ouvrir. Ils comprirent que seule la Foi véritable pouvait créer un semblable dévouement, surtout lorsqu’ils le comparaient à l’abandon et à la cruauté sauvage dont ils étaient les victimes, de la part des musulmans.

Mais le clergé de la colonie, élevé dans la pensée qu’il ne lui serait jamais permis de nouer des relations, même de simple charité, avec les indigènes, n’avait pas appris leur langue ; je cherchais donc vainement, dans son sein, des prêtres qui pussent se charger de la direction de nos orphelinats arabes, et je regrettais de ne pas trouver une société d’hommes apostoliques qui pût venir à mon aide.

 Un jour que j’avais médité sur ces pensées, je vis entrer chez moi le supérieur de notre Grand Séminaire de Kouba, le respectable M. Girard, celui que le clergé algérien, formé tout entier par ses soins, appelait le Père éternel, à cause de sa vieillesse et de son aspect vénérable. Il soupirait, lui aussi, depuis vingt-cinq ans, après le moment où il serait enfin permis au clergé de s’occuper, avec toute la sagesse désirable, des indigènes de l’Afrique. Il lui semblait qu’en ouvrant par les armes de la France chrétienne les portes de ce grand continent, la Providence lui imposait l’obligation d’y porter la charité et la justice, c’est-à-dire l’Évangile de Notre-Seigneur. Il savait que je partageais ses pensées et que c’était l’espérance de les voir réalisées qui m’avait fait abandonner un siège épiscopal de France pour un diocèse de mission. Ce jour-là donc, le vénérable fils de Saint Vincent de Paul, digne en tout d’un tel père, entrant chez moi, me dit : « Voici que trois élèves du Séminaire veulent s’offrir à vous pour l’apostolat africain. Avec la grâce de Dieu, ce sera le commencement de l’Œuvre que nous avons désirée... »

A quelques jours de là, en janvier 1868, ces trois séminaristes me furent présentés. Je les vois encore s’agenouillant devant moi, me demandant de les bénir et d’accepter leur dévouement. Je les bénis, en effet, plein à la fois d’étonnement et d’émotion, car cette offre qui répondait à mes préoccupations me paraissait comme surnaturelle. Je les relevai, et les fis asseoir ; je les interrogeai longuement, j’opposai, comme je le devais, toutes les objections possibles.

Ils y répondirent et mon consentement fut enfin donné pour un essai, à titre d’épreuve. C’est ainsi que l’Œuvre a commencé bien humblement par les éléments en apparence les plus faibles : un vieillard déjà près de la tombe, trois jeunes gens qui entraient dans 1a vie. »

Le Pape Pie IX, de glorieuse et sainte mémoire, encouragea l’Archevêque d’Alger. Un premier Bref, daté du 27 mai 1868, se terminait par ces paroles qui semblaient prophétiques : « Persévérez donc avec confiance dans votre entreprise, et que les obstacles ne fassent qu’augmenter votre courage ; car c’est au milieu des obstacles que les œuvres de Dieu ont coutume de marcher et de se fortifier. Avec l’appui de Dieu, ni la grâce, ni la force, ni les moyens matériels nécessaires pour achever votre œuvre ne manqueront ni à vous, ni aux vôtres. »

Quelques mois après (6 août), Pie IX faisait plus encore ; il nommait Mgr Lavigerie Délégué apostolique pour le Sahara et le Soudan. « J’étais incapable, poursuit le Fondateur en parlant des premiers aspirants, de m’occuper moi-même de l’œuvre de leur formation, et il fallait cependant, pour une vocation spéciale, les séparer du Grand Séminaire. La Providence me fournit tout elle-même, en envoyant à Alger, pour y chercher un climat plus doux, deux saints prêtres, morts tous les deux aujourd’hui. L’un appartenait à la Compagnie de Jésus, l’autre à celle de Saint-Sulpice. Ils me demandaient, en ce moment même, une occupation compatible avec leurs forces ébranlées. Je leur confiai nos trois Séminaristes et quelques autres qui avaient suivi leur exemple.

Le premier noviciat
La petite communauté habitait dans une pauvre maison de louage, située sur les hauteurs d’El-Biar qui dominent la ville d’Alger. C’est là qu’en 1830, l’armée française avait établi ses campements pour forcer ce vieux nid de pirates à ouvrir ses portes au monde civilisé.

Tel fut le premier Noviciat. Je le rappelle, parce que je suis touché, et vous le serez, je pense, comme moi, de voir réunis, autour du berceau de nos œuvres africaines, un fils de saint Vincent de Paul, l’apôtre de la charité, un fils de saint Ignace, l’apôtre de la foi, un fils du vénérable M. Olier, l’apôtre de la sainteté ecclésiastique, comme pour indiquer par avance à nos missionnaires les trois vertus les plus nécessaires à leur apostolat. »

En 1870, le trouble qui suivit la déclaration de la guerre franco-allemande dispersa brusquement le « petit troupeau » que Mgr Lavigerie avait transféré d’El-Biar à Saint-Eugène dans sa propre demeure.
Mais l’orage passé, il retrouva, groupés à l’orphelinat de Maison-Carrée, les aspirants restés fidèles à 1’Œuvre.

« Alors, dit-il encore, un autre religieux de la Compagnie de Jésus, un homme de Dieu lui aussi, dont je n’écris le nom qu’avec vénération et reconnaissance, le P. Terrasse, prit la direction du noviciat. »

Le 1er octobre 1872, douze aspirants, dont sept déjà prêtres, firent entre les mains de Mgr le Délégué apostolique le serment de se consacrer jusqu’à la mort à l’œuvre des Missions d’Afrique. La Société était définitivement fondée. Trois ans après, elle se trouva en état de pourvoir à son propre gouvernement par des supérieurs pris dans son sein, mais placés cependant sous l’autorité de son Fondateur.

L’activité universelle du Cardinal Lavigerie, ses initiatives hardies lui ont fait une telle place dans l’histoire de la seconde moitié du XIXe siècle, que je puis me dispenser de vous parler de sa personne. Il mourut le 26 novembre 1892.

Notre part à nous dans son héritage, ce sont les Missions.


2. Œuvres de la Société
« Les premières œuvres ont été, comme je l’ai déjà dit, les orphelinats et les institutions charitables en faveur des musulmans de l’Algérie. Peu à peu elles se sont étendues, au sud dans le Sahara, et à l’est jusqu’en Tunisie. »

Le scolasticat de Carthage qui a formé tant de génération de missionnaires.Au commencement, les Missionnaires durent, pour entrer en relation avec les indigènes, s’établir comme desservants dans des paroisses européennes. Aujourd’hui, ils sont partout installés au milieu des infidèles travaillant à gagner leur confiance et leur affection par l’exercice de la charité ; ils soignent leurs malades, font l’école à leurs enfants, et préparent ainsi le terrain à la semence évangélique. En Tunisie, ce travail est moins avancé, parce que les sujets du Bey ne jouissent pas encore de la liberté religieuse. La Société y a été appelée en 1875 pour garder la chapelle élevée par la France, à la mémoire du roi saint Louis, au milieu des ruines de Carthage. Elle y a établi son scolasticat qui sert aussi de séminaire pour le clergé tunisien.

Basilique Sainte-Anne à Jérusalem. Nous y avons formé un clergé pour les Grecs melchites de Syrie et de Palestine.À Jérusalem, par exception, car elle tient à rester exclusivement africaine, la Société a été chargée par le Saint-Siège de desservir le sanctuaire de Sainte-Anne, où, d’après la tradition constante des Églises orientales, la Très Sainte Vierge a été conçue sans péché et a habité durant son enfance. Là aussi, les Missionnaires exercent un apostolat fécond en formant un clergé pour les Grecs melchites de Palestine et de Syrie.

Mais le nord de l’Afrique n’est que la moindre partie du champ que la Société est appelée à défricher. Dès l’origine, elle avait reçu la mission d’évangéliser le Soudan oriental ; en 1878, Léon XIII lui a ouvert la vaste région des Grands Lacs de l’Afrique Équatoriale. Elle y a pénétré, elle y prêche l’Évangile et Dieu a visiblement béni les travaux de ses Missionnaires. En effet, de 1883 à 1897, sept Vicariats apostoliques y ont été érigés. Réunis, ils comptent, d’après les dernières statistiques, près de 130 000 néophytes et plus de 180 000 catéchumènes.

C’est peu, je le reconnais, en comparaison des millions d’âmes qui restent encore à convertir. Mais c’est beaucoup, si l’on considère le nombre restreint d’ouvriers évangéliques qui ont pu être employés à cette grande œuvre et les énormes difficultés qu’ils ont eues à surmonter, surtout au début. En effet, en 1878, lorsque Mgr Lavigerie envoya dix de ses Missionnaires prendre possession, au nom de l’Église catholique, de ces pays à peine connus par les récits de quelques rares explorateurs, la Société ne comptait encore que 75 membres, Pères ou Frères. Aujourd’hui, il est vrai, malgré les vides que la mort fait chaque année dans leurs rangs, ce chiffre est décuplé. « Mais encore une fois, redirai-je avec le Fondateur, qu’est-ce pour une étendue de pays vaste comme l’Europe et pour des millions d’infidèles à convertir ! Pour un tel apostolat, ce sont des milliers d’apôtres qu’il faudrait ; aussi je ne pense pas qu’aucune société de missionnaires ait, en ce moment, un plus grand besoin de vocations vraiment solides, que celle des Missionnaires d’Afrique. »

Si donc Dieu vous y appelle, mon cher ami, venez : la moisson est abondante et les ouvriers ne seront jamais assez nombreux.

Mais, direz-vous, à laquelle de ces missions me dévouer ? Serai-je envoyé en Kabylie, au Sahara, au Soudan, ou bien au Nyanza, au Tanganyika, au Congo, au Nyassa ?

Il serait prématuré de répondre. Souvenez-vous que nous formons une Société. Or, dans toute société, c’est une règle élémentaire que les supérieurs distribuent les rôles en tenant compte des aptitudes et des aspirations légitimes de chacun, mais aussi du besoin des diverses œuvres dont ils ont la charge.


Petite église de Bukumbi, Tanzanie, construite en 1883 et dédiée à la Vierge Marie.
Elle a connu la consécration de trois évêques : celle de Mgr Hirth par Mgr Livinhac en 1890;
celle de Mgr Gerboin par Mgr Hirth en 1896; celle de Mgr Streicher par Mgr Hirth en 1897.

Donc, ne vous préoccupez pas encore de votre destination future. Dieu y pourvoira à l’heure voulue par le moyen des supérieurs et vous donnera des grâces en rapport avec la tâche qui vous sera imposée et avec la bonne volonté que vous mettrez à vous y adapter.

Règles de la Société

Vous désirez connaître les Règles de la Société. Le détail en serait long et de peu d'intérêt; les Règles gagnent à être vécues. Je me bornerai donc à des indications sommaires, mais suffisantes pour vous donner une idée de notre organisation et de notre genre de vie.

Notre gouvernement ressemble, à peu de choses près, à celui des autres Sociétés. Le Chapitre, composé d'un petit nombre de dignitaires et des députés élus par les missionnaires, se réunit tous les six ans pour nommer le Supérieur général et les quatre Assistants qui forment son Conseil. Celui-ci choisit les fonctionnaires généraux : Procureur, Économe, Secrétaire, Trésorier et aussi les supérieurs de circonscription ou de province. Ces derniers, de concert avec les Vicaires apostoliques, désignent les supérieurs locaux.

Quant aux conditions d'admission et à la formation des Missionnaires, les voici d'après nos Règles. Personne n'est admis au Noviciat avant l'âge de seize ans révolus. Les enfants et les jeunes gens qui n'ont pas achevé leurs études classiques peuvent entrer à 1’École apostolique (à St-Laurent d’Olt, Aveyron). Ceux qui n'ont pas encore fait la philosophie (un an) et les Prolégomènes de la théologie (un an) sont reçus dans notre séminaire de Binson (des séminaires semblables existent en Belgique et au Canada). Les élèves de Binson et les autres postulants qui ont atteint l'âge requis et fait les études exigées, entrent au Noviciat après une semaine de retraite qui se termine par la prise d'habit.

Par son nom et sa forme, l'habit de règle rappelle celui des indigènes de l'Afrique du Nord. Il se compose d'une gandoura ou robe, et d'un burnous ou manteau, le tout de couleur blanche. C'est de là que la voix populaire a pris occasion pour donner aux Missionnaires d'Afrique le nom de Pères Blancs. Ce nom est même devenu celui de leur Maison Mère ; on dit : aux Pères Blancs par Maison-Carrée (Alger), et pour le Noviciat qui est voisin : Sainte-Marie des Pères Blancs par Maison-Carrée (Alger). La coiffure ordinaire est la chéchia en laine rouge. De plus, les missionnaires portent autour du cou un rosaire formé de grains noirs et blancs.

Le Noviciat dure une année. Le règlement du Scolasticat ressemble à celui des grands séminaires ; on y étudie les sciences ecclésiastiques et leurs applications aux œuvres d'apostolat. Celui du Noviciat est un peu différent. On y fait une place plus large aux exercices spirituels et on se borne à l'étude de la Sainte Écriture et des langues africaines. Évidemment, l'année de noviciat ne suffit pas pour devenir polyglotte distingué, ni même pour apprendre une seule langue. Elle suffit pour acquérir quelques principes et pour constater si on est apte à ce genre d'études.

Ajoutez à l'étude des langues, à celle des Règles de la Société, quelques leçons d'hygiène et de médecine pratique, enfin un peu de travail manuel chaque jour, travail utile à la santé du corps comme à celle de l'âme, et vous aurez une idée du Noviciat. Voici au reste la définition qu'en donnent nos Constitutions :

« La fin propre du Noviciat est la formation spirituelle des aspirants. Ils prennent pour modèles les Apôtres que Notre Seigneur réunit autour de lui durant sa vie mortelle et se forment, sous la conduite et la grâce de ce divin Chef, à toutes les vertus chrétiennes et apostoliques, en particulier à l'amour de Dieu et à celui des âmes. Ainsi, en se sanctifiant eux-mêmes, ils se préparent à devenir les coopérateurs de Dieu pour répandre la vie divine sur les brebis perdues auxquelles ils seront envoyés. »

Je n'ajouterai qu'un mot fondé sur une assez longue expérience. Tous ceux qui arrivent, sincèrement résolus à se donner à Dieu sans réserve, trouvent l'année de Noviciat courte et douce, alors même que quelques tentations viendraient à en troubler le calme et la sérénité. Mais si par hasard quelqu'un manque de ces dispositions et si l'atmosphère de la maison ne les lui inspire pas dès le début, il ne tarde pas à éprouver du malaise, de l'ennui, et à se retirer, ne se trouvant pas à sa place ; ce qui est vrai, car on n'entre dans une société apostolique, et surtout on n'y reste, que pour se sanctifier soi-même et se rendre apte à travailler plus tard, par la prière et la parole, par l'exemple et la charité, à la conversion et au salut des infidèles. Tel doit être l'esprit des Missionnaires d'Afrique.

Si donc, à la fin de l'épreuve, ils sont reconnus digues d'être admis dans la Société, les aspirants s'engagent à l'Œuvre par le serment suivant : « En présence de mes Frères assemblés, moi, N. N., fais serment sur les Saints Évangiles de me consacrer jusqu'à la mort à l'œuvre des Missions d'Afrique, selon les Constitutions de la Société des Missionnaires, placée sous la protection de Marie Immaculée, Reine de l'Afrique. En conséquence, je promets et jure au Supérieur de la dite Société soumission et obéissance pour tout ce qui concerne la pratique du zèle apostolique et de la vie commune, selon les mêmes Constitutions. »

Ce serment, écrit de la main du novice, est signé par lui sur les marches de l'autel. Il est fait en ce sens que le Supérieur Général peut, après avoir pris l'avis du Conseil et conformément à cet avis, l’en relever pour les motifs canoniques qu'il trouve suffisants. Une fois le serment prononcé, on est membre de la Société, qui contracte elle-même des engagements vis-à-vis du missionnaire et ne peut le renvoyer que pour une faute grave ou une inaptitude reconnue à la vie régulière et apostolique, et par une décision motivée du Conseil. De son côté, un missionnaire ne peut, sans se rendre très gravement coupable devant Dieu, employer, pour être délié de son serment, de faux prétextes ou des moyens frauduleux.

La Société se charge de l'entretien de tous ses membres en santé ou en maladie. Elle pourvoit à tous les frais de logement et d'ameublement, de table et de pharmacie, ainsi que des voyages, même de peu d'étendue, entrepris pour l'œuvre et par ordre des Supérieurs, le tout dans les limites des règles marquées au chapitre de la vie matérielle.
Ces règles prescrivent un genre de vie pauvre, mais non la pauvreté religieuse proprement dite qui suppose le vœu.

C'est pourquoi les missionnaires gardent la libre disposition de leur patrimoine et de leurs honoraires de messe. Ils peuvent ainsi, en cas de besoin, venir en aide à leurs parents, après avoir pourvu au vêtement et aux menus accessoires de l’entretien personnel. L'absence de vœu ne signifie pas que chacun est libre de vivre à sa fantaisie ; ce serait contraire à l'abnégation qui est le nerf de la vie apostolique et à l'égalité fraternelle qui est une des bases de la Société...

De ce que j'ai dit, il vous est facile de conclure que les Missionnaires d'Afrique ne forment pas une congrégation religieuse proprement dite puisque leur Institut n'est pas fondé sur les vœux. C’est une société dont les membres, vivant en communauté, pratiquant la même Règle, sont liés entre eux et à l’œuvre commune par le serment de se consacrer aux missions d'Afrique dans la Société, selon ses Constitutions et sous l'obéissance des Supérieurs.

+ Léon Livinhac

Petit Echo N° 1004, 1005 et 1006